Revue de presse
Source : JDD (Journal Du Dimanche)
Cahuzac succède à Migaud
Le groupe socialiste a choisi. Ce sera finalement Jérôme Cahuzac qui prendra la tête de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. S'il est jugé compétent, certains lui reprochent de ne pas avoir sa langue dans sa poche. La nomination sera entérinée mercredi après-midi.Le favori a remporté les suffrages. Mercredi, Jérôme Cahuzac, a été choisi par le groupe socialiste de l'Assemblée nationale pour succéder à Didier Migaud – nommé mardi à la présidence de la cour des Comptes – à la tête de la commission des Finances du Palais-Bourbon. Le député du Lot-et-Garonne a obtenu 103 votes, contre 60 pour son principal rival Jean-Pierre Balligand et 3 pour Dominique Baert. La commission des Finances doit entériner ce choix mercredi à 16h15.
En se prononçant en faveur de Jérôme Cahuzac, le groupe socialiste a tenu à s'inscrire dans la lignée de Didier Migaud, respecté à gauche comme à droite pour ses compétences dans le domaine des finances et du budget. Agé de 57 ans, le député semblait tout désigné pour lui succéder. Reconnu pour ses qualités d'orateur – il est l'un des rares à s'exprimer sans notes dans l'hémicycle – Jérôme Cahuzac était, depuis 2007, le porte-parole du groupe socialiste dans les débats budgétaires.
Balligand plus "consensuel"
Né le 19 juin 1952 à Talence (Gironde), ce chirurgien, père de trois enfants, entre en politique en 1988. Il rejoint alors, comme conseiller technique, le cabinet du ministre des Affaires sociales, Claude Evin. Jérôme Cahuzac sera également élu député du Lot-et-Garonne en 1997. Puis, battu en 2002, il retrouvera finalement son siège à l'Assemblée nationale en 2007. Le futur président de la commission des Finances est également maire de Villeneuve-sur-Lot depuis 2001. Au final, le socialiste va rejoindre une institution qu'il connaît bien. Actuel rapporteur spécial pour l'Outre-mer à la commission des Finances, Jérôme Cahuzac est aussi premier vice-président du groupe socialiste chargé des Finances.
Pourtant ce choix n'est pas du goût de tous. Certains avaient préféré soutenir le fabusien Jean-Pierre Balligand qui possédait à leurs yeux un profil plus "consensuel". Ainsi, plusieurs personnalités de droite, dont les responsables UMP de la commission des Finances et François Sauvadet, le président du groupe du Nouveau Centre (NC) à l'Assemblée, s'étaient déclarées favorables à la nomination de Balligand. Le député de l'Aisne récoltait apparemment aussi les faveurs de Didier Migaud.
Car Jérôme Cahuzac, proche du patron des députés socialistes Jean-Marc Ayrault et de l'ancien ministre de l'Economie Michel Sapin, n'a pas sa langue dans sa poche. Il a effectivement souvent critiqué les choix du gouvernement en matière de finances publiques. Début février, le député interpellait la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, sur le programme de stabilité de la France présenté à la Commission européenne, dénonçant un "plan de rigueur triennal qui va frapper tous les Français". Et estimant que l'Etat refusait de taxer suffisamment les banques, Jérôme Cahuzac mettait en garde les citoyens, publiant sur son site une citation du président américain, Thomas Jefferson: "Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat".
Anne-Charlotte Dusseaulx (avec Reuters) - leJDD.f

