La commission des finances étant désormais réservée à un député d'opposition, la compétition s'est jouée au sein du groupe socialiste. Jérôme Cahuzac l'a emporté au premier tour par 103 voix, contre 60 à Jean-Pierre Balligand, député de l'Aisne, et trois à Dominique Baert, député du Nord. Jean-Pierre Balligand avait plutôt le soutien des fabiusiens, tandis que Jérôme Cahuzac avait été l'un des animateurs de la motion de Bertrand Delanoë au congrès de Reims.
Le soutien d'Emmanuelli
Au cours d'une déclaration très remarquée devant le groupe socialiste et radical, Henri Emmanuelli, député des Landes, a défendu la candidature de Jérôme Cahuzac. Il a de plus rendu hommage au travail que celui-ci avait déjà effectué au sein de la commission des finances.
Alors que les relations des deux hommes n'ont pas toujours été un long fleuve tranquille, le soutien d'Henri Emmanuelli, ancien président de cette commission, n'a pas été inutile. Il a pesé dans la balance pour éviter qu'un élu du nord de la France ne l'emporte sur un autre du Sud-Ouest.
Le député de Lot-et-Garonne avouait hier que c'était un souvenir qu'il garderait du Landais, d'autant plus que celui-ci avait rédigé la veille un communiqué pour regretter que Didier Migaud ait accepté la charge de la Cour des comptes.
On peut s'attendre que Jérôme Cahuzac, grand technicien en matière de finances publiques et polémiste affûté, ne laisse rien passer au gouvernement dans un domaine où il défend la plus grande rigueur sans jamais rien lâcher.
Jérome Cahuzac, né en 1952 à Talence (Gironde), est chirurgien. Il était autrefois classé comme rocardien, mais avoue aujourd'hui devoir sa carrière législative à Lionel Jospin, qui l'avait adoubé en 1997 comme candidat en Lot-et-Garonne. Un département où on ne l'attendait pas.
En 2001, il était élu dans la foulée maire de Villeneuve-sur-Lot, avant d'être battu aux législatives de 2002 par Alain Merly (UMP).
En 2007, l'UMP avait décidé de lui opposer le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, sur lequel Jérôme Cahuzac, désormais enraciné dans son terroir lot-et-garonnais, a pu assez aisément reprendre l'avantage. Alain Vidalies, député des Landes et fabiusien déclaré, avouait hier ne pas être mécontent, au contraire, de l'élection de Jérôme Cahuzac.
Selon lui, sa charge de responsable des socialistes à la commission des finances lui assurait la légitimité pour ce poste.
Auteur : jean-Pierre deroudille