Revue de presse
Source : Sud Ouest.
POLITIQUE. Vendredi, la gauche départementale a fustigé la réforme des collectivités territoriales qui, d'après elle, masque un plan d'austérité et annonce la mort de la ruralitéLa gauche promet des lendemains difficiles
Le préfet avait tenu à détailler lui-même le contenu et les enjeux des réformes en cours afin de mettre un terme aux « communications tous azimuts » qu'elles avaient engendrées. Peine perdue. Vendredi, les ténors de la gauche départementale se sont réunis pour faire entendre leur son de cloche et promettre des lendemains qui déchantent.Pierre Camani est le premier à prendre la parole pour s'en prendre à « l'être hybride » que sera le futur conseiller territorial : « Un élu unique qui imposera un redécoupage des cantons (de 17 à 20 contre 40 aujourd'hui) et annonce la fin de la proximité des élus. Il y aura un conseiller territorial pour 20 000 Lot-et-Garonnais... » Son mode de scrutin, quant à lui, « est assez incompréhensible. C'est une nouveauté qui devrait permettre à un conseiller territorial d'être élu avec moins de 50 % des voix, ce qui lui donne un caractère démocratique très ambigu. »
« Objectif politicien »
Pour le président du Conseil général, cette réforme n'a qu'un « objectif politicien qui vise à affaiblir la gauche ». Les bases de l'argumentaire sont posées. Mais à en croire les élus de la majorité départementale, ils ne seront pas les seuls à en payer le prix. Tout d'abord parce qu'aujourd'hui, « on ne sait rien » de la suppression de la clause de compétence générale. « Sans compétence forte, comme l'économie, l'Agropole n'existerait pas », a insisté le conseiller régional Guy-Saint-Martin. « La fin annoncée des financements croisés obligera les collectivités à prendre en charge au minimum 50 % du coût de leur projet... avec de terribles conséquences pour les petites communes », a évoqué Pierre Camani avant d'en venir à la suppression de la taxe professionnelle (TP). Car les élus de gauche, qui s'appuient sur la croissance régulière de revenus que leur apportait la TP ces dernières années (1,9 million d'euros de prévisionnel pour 2010), s'estiment lésés par cette « supposée » compensation à l'euro prêt. En y ajoutant le « désengagement de l'Etat » et « le transfert des compétences », la coupe est pleine et le Département se retrouve avec « 139 millions de charges supplémentaires. » Heureusement (!), la hausse de la fiscalité votée à leur arrivée au pouvoir a permis d'anticiper le tout et évité d'aggraver la situation d'un département qui, comme d'autres, est amené à se retrouver dans « une situation intenable ».
Sentinelles
Jérôme Cahuzac a quant à lui vilipendé « quatre projets qui saucissonnent un projet d'ensemble ». Pour le député-maire de Villeneuve, le motif premier est « un plan d'austérité (2009-2013) » qui ne dit pas son nom mais qui vise à résorber la dette publique dont le premier responsable est l'Etat : « Le but est d'amputer les ressources pour empêcher les collectivités d'avoir des idées d'investissement [...] Et elles n'auront plus de possibilité d'augmenter leurs ressources sauf en ayant recours à une hausse des impôts que nous ne ferons pas ». Le mot ou plutôt la formule du jour reviendra au président du Conseil. Et elle a le mérite d'être claire : « Moins d'investissement, donc moins d'entreprises locales sollicitées, donc moins d'emplois, donc moins de création de richesses. » Gérard Gouzes, lui, est tout de même parvenu à trouver un point positif à la réforme des collectivités territoriales : au 1er janvier 2013, toutes les communes seront rattachées à un EPCI. La désignation des élus communautaires -aux premières places sur les listes des municipales- « fera disparaître les communes ». Pour exemple, il cite alors une communauté de communes qu'il connaît bien, la CCVG : « Marmande obtiendrait 21 conseillers, Tonneins 10 et toutes les autres communes un seul ! »
La ruralité aurait donc du souci à se faire... sachant en plus que les conseillers généraux, qui pour Guy-Saint-Martin, étaient « les sentinelles de la ruralité », vont disparaître.
Auteur : julien pellicier
Pour le président du Conseil général, cette réforme n'a qu'un « objectif politicien qui vise à affaiblir la gauche ». Les bases de l'argumentaire sont posées. Mais à en croire les élus de la majorité départementale, ils ne seront pas les seuls à en payer le prix. Tout d'abord parce qu'aujourd'hui, « on ne sait rien » de la suppression de la clause de compétence générale. « Sans compétence forte, comme l'économie, l'Agropole n'existerait pas », a insisté le conseiller régional Guy-Saint-Martin. « La fin annoncée des financements croisés obligera les collectivités à prendre en charge au minimum 50 % du coût de leur projet... avec de terribles conséquences pour les petites communes », a évoqué Pierre Camani avant d'en venir à la suppression de la taxe professionnelle (TP). Car les élus de gauche, qui s'appuient sur la croissance régulière de revenus que leur apportait la TP ces dernières années (1,9 million d'euros de prévisionnel pour 2010), s'estiment lésés par cette « supposée » compensation à l'euro prêt. En y ajoutant le « désengagement de l'Etat » et « le transfert des compétences », la coupe est pleine et le Département se retrouve avec « 139 millions de charges supplémentaires. » Heureusement (!), la hausse de la fiscalité votée à leur arrivée au pouvoir a permis d'anticiper le tout et évité d'aggraver la situation d'un département qui, comme d'autres, est amené à se retrouver dans « une situation intenable ».
Sentinelles
Jérôme Cahuzac a quant à lui vilipendé « quatre projets qui saucissonnent un projet d'ensemble ». Pour le député-maire de Villeneuve, le motif premier est « un plan d'austérité (2009-2013) » qui ne dit pas son nom mais qui vise à résorber la dette publique dont le premier responsable est l'Etat : « Le but est d'amputer les ressources pour empêcher les collectivités d'avoir des idées d'investissement [...] Et elles n'auront plus de possibilité d'augmenter leurs ressources sauf en ayant recours à une hausse des impôts que nous ne ferons pas ». Le mot ou plutôt la formule du jour reviendra au président du Conseil. Et elle a le mérite d'être claire : « Moins d'investissement, donc moins d'entreprises locales sollicitées, donc moins d'emplois, donc moins de création de richesses. » Gérard Gouzes, lui, est tout de même parvenu à trouver un point positif à la réforme des collectivités territoriales : au 1er janvier 2013, toutes les communes seront rattachées à un EPCI. La désignation des élus communautaires -aux premières places sur les listes des municipales- « fera disparaître les communes ». Pour exemple, il cite alors une communauté de communes qu'il connaît bien, la CCVG : « Marmande obtiendrait 21 conseillers, Tonneins 10 et toutes les autres communes un seul ! »
La ruralité aurait donc du souci à se faire... sachant en plus que les conseillers généraux, qui pour Guy-Saint-Martin, étaient « les sentinelles de la ruralité », vont disparaître.
Auteur : julien pellicier

