L'augmentation inédite du déficit budgétaire à 149 milliards d'euros (+ 27 %) et l'accroissement de la dette publique, qui devrait passer de 66 % du produit intérieur brut (PIB) en 2008 à 85 % en 2010, plaçaient le ministre du budget dans une situation inconfortable. Eric Woerth a eu beau rappeler, mardi, l'impact limité de l'emprunt sur les finances publiques - 5 milliards de plus sur la dette en 2010 et 0,1 point de PIB par an sur le déficit -, il n'a pas convaincu l'opposition. /…/

La gauche a aussi déploré la hausse de la dépense fiscale ainsi que les baisses d'impôt et de charges sociales qui entament les recettes de l'Etat et de la Sécurité sociale. "Dans le même texte, vous prévoyez d'un côté d'emprunter sur les marchés financiers des sommes pour développer un secteur qui, à l'évidence, a besoin d'investissements, et de l'autre, vous supprimez des crédits de ce même secteur car il faut bien gager le coût supplémentaire généré par les intérêts de ce grand emprunt", a martelé Jérôme Cahuzac (PS, Lot-et-Garonne), en relevant les annulations de crédits prévues dans le collectif : 124 millions pour l'enseignement supérieur et la recherche, 110 millions pour le développement durable, 60 millions pour la sécurité...

Claire Guélaud